Avant le micro, la façon de parler
La bonne question n’est pas « quel est le meilleur micro », mais « comment parleront les personnes sur scène ». Un intervenant qui reste assis à table, un autre qui se déplace avec sa télécommande de slides et un modérateur qui donne la parole à la salle ont besoin de micros différents.
Si le micro est mal choisi, aucune console ne le corrige complètement : soit la voix arrive trop faible, soit en la montant on risque le larsen. Bien choisir au départ, c’est ce qui fait la plus grande différence.
Tables des intervenants : le gooseneck
Pour les tables et le pupitre, le micro gooseneck (col de cygne) est le choix le plus fiable. Il reste en place, ne passe pas de main en main et, avec une capsule cardioïde ou supercardioïde, capte la voix de la personne en face et peu de ce qui se passe autour.
La distance compte : orientez la capsule vers la bouche, à environ 15 à 30 cm. Plus près, on entend les plosives (pops) ; plus loin, la voix perd du corps et il faut monter le gain.
Un détail souvent négligé : chaque fois que le nombre de micros ouverts double, le système perd environ 3 dB de gain before feedback, la marge avant le larsen. Avec six intervenants à table, une console avec automixer aide beaucoup, car elle n’ouvre que les micros de ceux qui parlent. Beaucoup de consoles numériques professionnelles, comme la série Yamaha QL, l’intègrent.
Ceux qui bougent : handheld ou lavalier
Le micro main sans fil (handheld) est le plus simple à utiliser et le plus résistant au larsen, car il est près de la bouche. Il est idéal pour les modérateurs, les présentateurs et ceux qui interviennent brièvement.
Le micro cravate (lavalier), le petit micro qu’on accroche au vêtement, laisse les mains libres et convient à ceux qui parlent longtemps avec des slides. Fixez-le au milieu de la poitrine, à environ 15 à 20 cm sous le menton, loin des colliers et des badges qui frottent. Comme il est plus loin de la bouche, il donne le meilleur dans des salles pas trop bruyantes et avec des enceintes bien placées.
Pour ceux qui tournent souvent la tête en parlant, un micro serre-tête (headset) est le meilleur compromis : il reste à la même distance de la bouche dans toutes les positions.
Les questions du public (Q&A)
Les questions sont le moment où le son d’une conférence se grippe le plus souvent. Deux solutions fonctionnent : un handheld apporté par un runner de salle, ou un micro sur pied dans l’allée où le public fait la queue.
- Prévoir au moins deux micros sans fil pour le public dans les grandes salles.
- Demander à chacun de donner son nom et son organisation au micro.
- Répéter la question depuis la scène si elle a été posée sans micro, surtout en cas de direct.
Combien de canaux sans fil prévoir
Comptez les personnes qui doivent avoir un micro ouvert au même moment, pas le nombre total d’intervenants. Si cinq personnes se succèdent au pupitre, un micro suffit ; si quatre personnes parlent lors d’une table ronde, il en faut quatre, plus un pour le modérateur et un ou deux pour le public.
Dans un centre de congrès avec plusieurs salles et d’autres événements, les fréquences des micros sans fil doivent être coordonnées entre elles (frequency coordination). Les systèmes numériques actuels simplifient beaucoup les choses, mais c’est une vérification à faire pendant le montage, pas quand le premier intervenant est déjà sur scène.
La checklist avant d’ouvrir les portes
Quelques contrôles, toujours dans le même ordre, évitent presque tous les problèmes.
- Piles neuves ou chargées dans chaque émetteur, bodypack ou handheld, et un jeu de rechange en régie.
- Chaque micro étiqueté avec le nom de l’intervenant ou la position.
- Un soundcheck avec les vrais intervenants, pas seulement avec le technicien.
- Les niveaux enregistrés sur la console sous forme de scènes, une par session.
- Un micro de backup déjà branché et prêt.
- L’enregistrement lancé et vérifié avant la première session.


